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11-10-2008, 10:33 AM
#131
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
SOIR DE NOVEMBRE
L'horizon inonde mes yeux de merveilles
Sur ce ciel jeté de bleus, de vermeils,
De pâles rosés, couleurs si précieuses,
Cette beauté est une rivière silencieuse.
Dans cette rivière de solitude, je baigne
Mon corps et ma tête, mes pensées, s'imprègnent
De l'infinie tendresse de ce simple cadeau
Il panse ma peine et allège mon fardeau.
Ce damas enchevêtré emplit mon coeur, savoir
Que l'aimer ainsi, et tant, qu'à n'en plus pouvoir
Détacher mon regard, se voulant glaneur
D'un instant magique, tant ! qu'éphémère bonheur.
Beau soir de novembre, je reviendrais te voir
Bien avant l'arrivée des étoiles sur mon chemin,
Je reviendrais t'admirer, sans oublier le pain
De la faim d'un jour, ce pain... nourriture d'espoirs.
(Fauvettaeile)
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11-10-2008, 10:39 AM
#132
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
L'automne de François Fabié
A toute autre saison je préfère l'automne,
Et je préfére aux chants des arbres pleins de nids
La lamentation confuse et monotone
Que rend la harpe d'or des grands chênes jaunis.
Je préfère aux gazons semés de pâquerettes
Où la source égrenait son collier d'argent vif
La clairière déserte où, tristes et discrètes,
Les feuilles mortes font leur bruit doux et plaintif.
Et les pommiers sont beaux, courbés sous leurs fruits roses,
Et beaux les ceps sanglants marbrés de raisins noirs;
Mais plus beaux, s'écroulant sous leurs bogues décloses,
Les châtaigniers vêtus de la pourpre du soir.
Plus loin, un laboureur, sur la lande muette,
S'appuie à sa charrue, et le soleil couchant
Détache sur fond d'or la fière silhouette
Du bouvier et des boeufs arrêtés en plein champ.
L'on se croirait devant un vitrail grandiose
Où quelque artiste ancien, saintement inspiré,
Aurait représenté dans une apothéose
Le serf, et l'attelage, et l'araire sacré...
Et c'est pourquoi je t'aime, ô saison sérieuse!
Le printemps a ses fleurs, et l'été ses rayons;
Il te suffit, à toi leur soeur laborieuse,
De préparer leur gloire en traçant tes sillons.
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11-10-2008, 11:17 AM
#133
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
LES SAISONS
Ce fut tout d'abord, le temps des primevères,
Nous avions le soleil et le Printemps au coeur,
Nos vingt ans fleurissaient, au sortir de l'hiver,
On y vivait l'amour, en y semant des fleurs,
Nous étions jeunes et fous, nous étions à Cythère !
C'était le temps divin à dévorer les heures !
C'est alors que survint, le doux temps des moissons,
Quand les coeurs se consument à l'été de la vie,
Et que des fleurs semées, à la morte-saison,
Arrive l'instant béni, d'en recueillir les fruits,
C'est ensuite qu'aux enfants, on apprend la chanson,
Qui dit les jours volages, et les jeux interdits !
Puis brusquement surgit, le temps des chrysanthèmes,
Quand le coeur vit à l'heure des saisons monotones,
Et que les souvenirs, deviennent des poèmes,
C'est ainsi que l'amour se retouve à l'automne,
On y use sa voix, à ne plus dire "Je t'aime",
On vit dans le brouillard et on n'est plus personne !
Celui qui reste là, se consume à l'hiver,
Avec le coeur glacé et l'âme écartelée,
Les jours gris s'additionnent et traînent leur misère,
Les heures de solitude, tutoient l'éternité !
Du Paradis d'alors on glisse vers l'enfer,
On vit avec le corps et l'esprit crucifiés,
Lorsque l'amour se perd au néant du désert !!!
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11-10-2008, 11:23 AM
#134
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
L'ABRE MEURT
L’automne passe encore par là,
Avec ses arbres qui dépriment,
Et le beau temps qui s’en va,
La nature se cherche dans ses abîmes.
Les feuilles tombent, les unes après les autres,
La vie s’éteint, mais se renouvelle,
Comme chez les êtres humains, qui se vautrent,
Une seule lueur d’espoir reste… l’étincelle.
Les branches cassent et l’arbre se meurt,
La racine en est éprouvée, remplit de larmes,
Mais il faut rebondir, chercher un bonheur,
Dans les ramifications qui se réarment.
Une branche qui casse, se remplace,
Mais dans l’arbre généalogique, fait mal,
Garder toujours au fond de soi, une place,
Pour l’aïeul, où la mort a été fatale.
Je dois survivre au saule pleureur,
Et m'acharner au bouleau,
Quand le citronnier me presse, par les heures,
Toute ma vie, je serai un arbrisseau…
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11-10-2008, 11:37 AM
#135
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
NUIT D'AUTOMNE
Une dernière pluie sur le pavé
a laissé des flaques où s'accrochent
des lumières de nuit délavées
dans un brouillard qui s'éffiloche
Clartés laiteuses, ombres profondes
maquillent la ville endormie.
Les couleurs aux formes se fondent
jusqu'à laube des compromis
Au coin d'une rue, solitaire,
un réverbère le pieds dans l'eau
déverse un halo de lumière
mordant la nuit à fleur de peau
Le néon d'enseignes insolites
fait tache en toute impunité
sans même en tirer le mérite
d'éclairer un coin de pavé
Un clocher délivre des heures
mais le temps qui n'existe plus
qu'au delà du rêve demeure
dans le silence suspendu.
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11-16-2008, 07:54 AM
#136
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
GRISAILLE
Blanche est la nue
Quand le soleil
Pâle éternue
Dans son sommeil.
Tombe en haillons
Son chaud costume
De blonds rayons
Sur le bitume ;
Nuage, mouche
Son nez frileux !
Plus une mouche
Aux reflets bleus,
De vif juillet,
De sauterelles ;
Au nid douillet
Plus de querelles.
Fin de la fête.
Vois ! la forêt,
Au calme faîte
Et moins secret,
Perd sa ferveur
Au mois d’octobre
Comme un buveur
Devenu sobre.
Les chênes chauves
Pleurent, émus,
Des larmes fauves
Jonchant l’humus.
Un fin crachin
Mollit la terre.
La pie cherche un
Coléoptère,
Et la corneille
Fidèle au soir,
Tranquille, veille
Sur le pin noir.
Gris horizons...
Les hirondelles
A nos maisons
Sont infidèles.
L’oiseau traverse
La mer, tandis
Qu’ici l’averse
Nous refroidit ;
Il s’enfuit, mais
Les piérides
Ne vont jamais
Aux cieux arides :
Errante flore,
Pétales blancs
Ivres encore
Qui vont, tremblants,
Dans le jardin
(faveur intime)
Se griser d’un
Parfum ultime.
La forêt rousse
A imité
Le feu de brousse
Du plein été
Que la saison
Des vents allume
En frappant son
Ardente enclume.
Cet incendie
Glisse des troncs.
Nous congédie
La pluie. Rentrons.
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11-16-2008, 07:59 AM
#137
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
LA RUE FRISSONNE
La rue frissonne
Le cœur abandonne
Où fuit l’avenir
Nuage sans soleil
Un chat gris miaule
Froid dans l’âme
Fin de l’automne
Cuivres résonnent
Chasseurs à fuir
La nuit sans sommeil
Nu de ton épaule
Chaleur de drame
La botte éperonne
La bête s’étonne
Tout va finir
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11-16-2008, 08:01 AM
#138
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
MON BEL AUTOMNE
De toutes les saisons qui sculptent la nature,
Chacune, à sa façon, impose son allure,
Sa luminosité et son tempérament,
Inséparables sœurs, silhouettes du temps.
Mais de l'automne seul, les charmes me fascinent,
Dans l'ocre de ses yeux, je plonge et m'enracine.
Je pose, avec douceur, à ses pieds flamboyants
Les chaudes rêveries de mon corps rayonnant.
Dans ma main, quelques feuilles aux nervures abîmées,
Par des passants absents aux foulées assassines,
S'éparpillent tranquilles en bouquets sublimés.
Dans la chaleur feutrée des forêts clandestines,
Je pénètre en mon fort comme une eau dans sa source,
Puiser, à l'intérieur, de nouvelles ressources.
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11-16-2008, 08:13 AM
#139
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
QUAND LE FROID DE NOVEMBRE
Quand le froid de novembre commence à s’installer
Peu après la Toussaint et que souffle la bise,
Quand la douceur d’octobre s’en est enfin allée,
L’automne suit son cours et les jours s’amenuisent…
Les matins sont frileux, enrobés de brouillard
Et même le soleil peine à se lever…
Quand il est enfin là, il nous paraît blafard
Dans un ciel tristounet au bleu bien délavé …
Au dehors il fait froid et l’on courbe l’échine
Sous les assauts d’un vent qui nous fait frissonner…
La statue du jardin fait plutôt grise mine
Aucun doute à avoir, l’hiver pointe son nez…
Pourtant malgré le gel qui givre les trottoirs
Les vitrines partout commencent à s’égayer…
On prépare Noël et avec lui l’espoir
Que les yeux des enfants continuent de briller…
Quand le froid de novembre commence à s’installer
Peu après la Toussaint; et que souffle la bise,
Quand la douceur d’octobre s’en est enfin allée,
L’automne suit son cours et les jours s’amenuisent…
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11-16-2008, 08:15 AM
#140
Re: LES POÈMES D'AUTOMNE
BROCÉLIANDE
Que suis-je devenue ?
Une bise légère
Qui hante les forêts
Et ne parle qu’aux feuilles
Lorsque le cœur y est.
Douce,
La pluie vient me frôler
Les yeux pleins de sommeil
Puis se laisse porter
Là
Où des limbes de feu
Veillent sur son repos
Promenez-vous,
Je vous parlerai d’elle
De sa voix cristalline illuminant les branches
De son goût sur les lèvres, son parfum de novembre…
Elle s’ennuie de vos pas.
Il y a peu, nous poussions sous vos empeignes
Un brasier qu’elle n’éteignait pas
Mais ravivait de ses caresses
Et moi, de puissants tourbillons…
Mille cités entaillent nos élans
Depuis longtemps
Où trouver un endroit
Qui n’en soit entouré ?
Nous nous sommes aimés,
Mais le temps et ses facéties…
Plus de semelles au vent pluvieux
Je vais dormir aussi.
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